Qui est Ahmat Hassaballah soubiane ''la bavure''?

18 Juin 2013 , Rédigé par Jeunes Tchad

Qui est Ahmat Hassaballah soubiane ''la bavure''?
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Ahmat Hassaballah Soubiane ancien lieutenant de Deby au maquis, ancien ministre de l’intérieur, ancien trésorier du MPS, ancien préfet de Moundou, puis ambassadeur du Tchad à Washinton.

Un homme religieux et fier, mais surtout très controversé, fils d'un ancien chef de canton d’Arada, Hissen Massabala, un Mahamit, un des hommes de respect de la communauté arabe du Tchad. Après de bonnes études secondaires, part en Union soviétique ou il entreprend des études supérieures de mathématiques, mais rebuté par le système et les difficultés de langue, il se replie à Reims en 1980.

En France, il prend position au cotés des partisans d’Acyl Ahmat, chef du conseil démocratique révolutionnaire, un arabe brillant, courageux, éduqué à Marseille, ancien député du Batha devenu rebelle, replié en Libye ou il a reçu une formation militaire poussée par des conseillers est-Allemands. Soubiane tente de le rejoindre, mais les Libyens lui refusent l’accès des camps du CDR. Il part alors au Liban ou il suit un entraînement commando chez les Palestiniens et se remet à étudier le russe.

Après la mort accidentelle d’Acyl Ahmat, il rallie Acheikh Ibni Oumar, nouveau patron du CDR. Un arabe comme lui, licencié en mathématiques. Étrillé par Deby en 1983 au combat de l’Oueddi Fama les deux hommes se lient d’amitié.

Acheikh indocile, irrite Khadafi qui le fait arrêter avec plusieurs cadres du CDR et Soubiane, et déporter au Tibesti, Adoum Togoî qui a procédé à leur arrestation devient dès lors l’ennemi juré de Soubiane.

En 1989 Soubiane, en liberté surveillée en Libye, rejoint Deby au Soudan et devient une figure de la rébellion.

Ministre de l’intérieur dans les années 90, il fait tirer sur des mutins et gagne le surnom de “la bavure”.

Trésorier du MPS, il affronte Deby en public qui met en cause sa gestion. Préfet de Moundou, il rumine en silence son exil dans une ville “criblée de moustiques et de palu”.

Nommé ambassadeur à Washinton, il vend à bas prix le bâtiment de l’Ambassade qu’il déclare vétuste et délabré, et rachète une autre résidence.
Selon les diplomate de lors , le bâtiment était peut-être en mauvais état mais le terrain très bien situé valait dix fois plus cher que le prix de vente déclaré. Accusé d’avoir touché “un gros dessous de table”, Soubiane est relevé de ses fonctions mais refuse de quitter la nouvelle ambassade. Une situation diplomatique plutôt gênante.

Lorsque Deby annonce une modification de la constitution pour briguer un troisième mandat en 2006, Soubiane entre en dissidence.

Après trente années chaotiques de révoltes, d’échecs et de retournements, il a quitté le cercle des notables et repris le vieux chemin raboteux des rebelles... pour se retrouver en bien mauvaise compagnie.

Soubiane qui méprisait Timane dit “le gaucher” ou “glinglin” pour ses pots de vin, et ses détournements successifs de la récolte du coton, les charges administratives qu’il vendait, son monopole des transports N’Djamena-Moundou, ses exactions. Tous les rackets et les trafics d’influence qu’il dénonçait régulièrement dans ses rapports comme dans une entretien le 2 Novembre 2009 avec l’Ambassadeur des USA à N’Djamena révélé par Wikileks après sont retour il affirme: « Les leaders de la rébellion ne connaissent pas, c’est quoi un Etat, ni un processus démocratique. Pour ma part, Timane ERDIMI est très mal placé pour prendre part à un quelconque processus de négociation, de réconciliation au Tchad parce qu’il n’a plus aucune crédibilité politique… Je n’ai jamais été un partisan de la lutte armée ; pour preuve, je vous fais remarquer que mes hommes n’ont pas participé aux combats de Ndjamena en 2008 et n’ont pas pris part à ceux d’AMDAM en 2009. Quant à ma participation au processus électoral, je le prévois mais pour l’instant, je ne suis pas prêt ; je n’ai pas le temps de me lancer dans une campagne électorale ; je veux être discret dans mon rôle actuel. » fin.

En effet, Soubiane sait pour avoir débriefé les cadres de la DDS que les jumeaux étaient proches de certains d’entre eux. Comme il sait que pendant tout le temps qu’il était au maquis et au combat, Timane était planqué à Maroua. Et que, lorsqu’il était en disgrâce après avoir quitté le bureau du MPS, Timane alors directeur de cabinet du président de la république, l’avait fait expulser de la belle villa qu’il occupait.

Soubiane et Abderrahmane Koulamallah ( un cas à revoir), Soudano-tchadien, porte parole de la rébellion dit “l’accordéon” parce qu’il s’allonge et se raccourcit par à-coups comme chaque fois que ses intérêts le lui commandent. Koulamallah premier mari de sa femme et père d’une petite fille que Soubiane a élevée. Les deux hommes se détestaient . Les voilà réunis en l’absence de l’épouse de Soubiane une femme intelligente et ambitieuse, restée aux états unis.

Curieuse association : Timane, neveu à la mode turque d’Idriss Deby et son ancien dircab durant cinq longues années. Soubiane l’incorruptible le méprisait. Comme il méprisait Koulamallah qui avait été l’ordonnateur, le scribe et le salarié de Deby lors de sa campagne présidentielle de 2001. Et Mahamat Nouri qui était entré dans la carrière en fauchant la caisse de son bureau de poste avant d’être un ministre zélé durant douze années et détenir le record du déficit dans ses différents ministères.

Alors quel est le lien qui unit ces rebelles qui ont servi Deby et son régime pendant plus d’une décennie et d’en avoir largement profité avant de prendre les armes et de se dresser contre lui pour encore rallie ce meme Deby qui l'on traite de tout les noms d'oiseux ?

Président du Mouvement National (MN) (coalition du FSR, de l’UFDD-R et du MNR) Hassaballah Soubiane de retour à N’Djamena bombardé conseiller à la présidence encaisse une sommes de 900.000.000 Fcfa trois mois après la signature de l’accord, le Président du MN commence à prendre ses distances et s’isoler de ses anciens compagnons de lutte. Un repli sur soi qu’ils ne comprennent pas. Petit à petit il cesse tout rapport avec ses proches collaborateurs. Les cadres qui devraient être intégrés, rongés par l’ennui ont repris le chemin de l’exil.

A vous le verdict

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