Pour une autre relation Europe-Afrique.

24 Juillet 2013 , Rédigé par Jeunes TchadJeunes Tchad est un espace de discussion et de réflexion administré par DJARMA Acheikh Ahmat Attidjani blogueur activiste et analyste indépendant.

La première chose qui me frappe quand j’écris cet article, c’est à quel point nous sommes liés par l’histoire. Aussi invraisemblable qu’il y parait, les liens les plus forts qui puissent exister entre deux continents sont bien les relations entre l’Europe et l’Afrique, mais à quel prix…
Oui, l’Europe à colonisée l’Afrique et la colonise toujours d’une certaine façon.
Oui, des millions d’africains ont étés déportés, mutilés, torturés, pour plus de « richesses » et assurer la prospérité d’une Europe alors au sommet de sa puissance. Aujourd’hui l’Europe, affaiblie par la Deuxième Guerre Mondiale, la décolonisation, la soumission aux lobbies financiers, semble trébucher et a perdu de sa superbe. L’Afrique quant à elle, cette terre porteuse d’espoir, est souillée par la corruption, l’avarice aussi bien des seigneurs de guerre que des multinationales et des politiciens (occidentaux ou non). Elle ne peut avancer car tout le monde a peur que l’Afrique s’élève, comment le nier quand on voit à quel point est mise à genoux la RDC ?

Les relations entre ces deux continents se résument aujourd’hui à « on ne veut pas des immigrés » pour l’Europe, et « oui à l’investissement, non à la colonisation » côté africain.
Cependant, que voyons-nous pendant ce temps au niveau de la planète ?

Les chinois foncent vers les ressources, qu’elle soit financière ou minérale, mettant sous sa coupe l’Europe (avec une balance commerciale excessivement défavorable pour les Européens) et l’Afrique (fourniture d’armes + construction d’infrastructures).

Les américains quant à eux se retirent de l’Europe pour se confronter aux chinois en Asie pour maintenir leur leadership. Et l’Europe ? Et L’Afrique dans tout ça ?

Doit t’on subir cette confrontation à l’échelle globale qui se fait au prix de la stabilité économique de l’Europe (guerre des monnaies entre yuan, euro et dollar, une guerre perdue par l’euro) et d’un développement « orienté » de l’Afrique pour les usines chinoise ?
On a vu qu’une seule nation ne peut (ni ne doit) gérer seule les affaires du monde, il nous faut donc un équilibre à l’échelle mondiale, qui peut je pense passer par la mise en place d’organisation continentale, comme l’expérience de l’Union européenne.

Ce texte n’est pas un appel à la guerre, car je pense sincèrement que nous ne devrions penser qu’en termes d’humanité et non en termes de nations. Malheureusement, nous ne sommes pas assez sage, ni préparer à vivre ainsi.

Aussi je pose cette question, à vous africains et vous européens : doit t’on se haïr mutuellement ? Ou un autre avenir commun est-il envisageable ? Que cela nous plaise ou non, nos cultures sont plus intimement liées que nous ne voulons l’admettre, et nos destins également : on ne peut voir d’espoir de réveil de l’Europe sans l’Afrique, et l’Afrique ne deviendra jamais vraiment indépendante et forte sans un soutien franc et massif de l’Europe.
Quesqui le prouve ? Tout simplement le fait que côté africain, même si l’expérience coloniale a tout sauf eu des impacts positif, l’Afrique a aujourd’hui une histoire qui s’est écrite, un chemin qu’elle n’aurait pas pris sans cette expérience, avec les (immenses) dangers que l’on sait mais, et cela se voit moins, aussi avec les opportunités que cela offre. Quant à l’Europe, même à l’époque romaine, sa véritable richesse venait de l’Afrique et, navré de le rappeler aux extrémistes de droite, le premier homme était africain, donc, de sang, nous sommes frères.

Le gros écueil de cette vision idyllique c’est cette question : pourquoi les africains aideraient il les européens ? Et inversement ? A cela je répondrais le besoin de justice, de faire la paix avec son passé, et enfin un pragmatisme bien compris. Les africains sont aujourd’hui sur le chemin de la puissance, mais le chemin à parcourir, en l’état actuel et avec les handicaps que l’on sait, sera au moins gigantesque, peut-être même inatteignable pour ce siècle, et d’ailleurs souvent à cause d’obstacles européens ! (je pense à la dette des états africains).

Les Européens quand à eux se cherchent. Lâcher par les européens, empêtrés dans une crise de la dette qu’a subi dans les années 80 nos frères africains, secoués par les extrêmes, nous ne savons plus que faire pour retrouver le chemin de notre grandeur passé.

La solution ? Une alliance d’un genre nouveau. Un pacte de sang entre africains et européens basé sur une logique simple : nous sommes frères, mais un des deux (l’Europe) à martyriser l’autre. Soigne ton frère blessé, obtiens son pardon, et il en ressortira une alliance qui rendra les deux plus forts. Dans les faits, cela consisterait dans un premier temps au remboursement de la « dette de sang » coloniale, notion si vague et effrayante que personne n’a jamais vraiment essayer de l’étudier pour trouver un moyen de la rembourser.

Je propose qu’un vaste comité soit mis en place – sous l’égide de l’Onu – pour qu’africains et européens travaillent à faire la liste de ce que doit l’Europe, mais aussi clarifier la part de responsabilité des africains dans leur malheurs (un point polémique j’en suis conscient, mais indispensable à mon sens). Cette dette pourra se payer de plusieurs manières : retrait des troupes européennes en Afrique ( mise sous tutelle de l’ONU, ces forces pourrait – pour une fois – servir le maintien de la paix, une idée à creuser si je peux me permettre), annulation des dettes odieuses, mise en place d’un budget spécifique au paiement de la dette coloniale dans les pays colonisateur, financer si nécessaire par la dette (avec obligation du monde financier d’accepter ce remboursement, cela peut s’obtenir de manière politique j’en suis convaincu).
Bref les moyens sont nombreux et sont à étudier.

Pour l’Afrique de son côté, elle aussi va devoir affronter son passé, affronter ses démons coloniaux, et accepter l’éventualité d’une alliance de long terme avec l’Europe. Pourquoi ? Parce que si la colonisation a bien eu un « avantage » inattendue, c’est de permettre d’avoir pour les africains une « banque de développement » qui cherche à rembourser ses méfaits : l’Europe. C’est le seul continent qui peut (et doit !) envisager une relation autre que la néo-colonisation si on l’y contraint. En retour, les africains doivent être conscient qu’ils devront aussi aider les européens, les aider comme des frères. Cela passera si il le faut par un soutien énergétique, une aide technique pour la dette (qu’on le veuille ou non, les africains ont des choses à nous apprendre), mais surtout, à mon sens, à une priorité commerciale pour les Européens, pour « motiver » la reconstruction de l’Afrique.

Comprenons-nous bien, si ma vision apparaît « naïve », elle repose pourtant sur une rationalité et un pragmatisme bien compris. Même avec 500 millions de consommateurs, les européens n’ont pas assez de demande intérieure pour stimuler une croissance synonyme d’emploi, se contentant d’un commerce désavantageux avec les chinois. Mais si on aide les africains (et je dis bien aider), qu’on paie notre dette voir même plus, et que les africains voient que cela nous a coûté, je pense sincèrement que les africains nous rendrons la politesse et renforceront notre économie en privilégiant le marché européen.

Je ne suis pas Nobel d’économie, mais je peux vous assurez que l’Europe a tout à gagner à avoir une Afrique d’un milliard d’habitant dans un demi-siècle avec un pouvoir d’achat de niveau européen, qu’une Afrique asservie et pressée comme un citron.
Quand la justice se mêlent d’intérêts économique réel, je pense pouvoir prétendre que cette nouvelle relation n’est pas si utopiste.

Pour terminer, je rappellerais cette citation de Gandhi : « tous les hommes sont frères ».

Sébastien KEREBEL, Etudiant à l’Université de Bordeaux IV

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look here 09/01/2014 08:25

Relationship between the two continents is of high significance because both can have many benefits of it. We are familiar with the experiments of various European agencies in African forests. In the same way, Africa depends a lot on Europe regarding the efforts to eradicate poverty.

money online 09/01/2014 07:34

nice read