MISE AU POINT: Retour sur le mascarade scandaleux des Étudiants, Stagiaires, élèves Tchadiens au Sénégal.

16 Avril 2012 , Rédigé par Jeunes Tchad

    Par rapport aux basses manœuvres des simples d’esprit qui prétendent que je tire la ficelle à l’ASEETS

ETUDIANTS-NDJAM


Premièrement :
Je suis un Tchadien. C’est un fait. J’ai une histoire et une géographie que je connais bien. Et d’ailleurs, je fais partie des privilégiés de ma génération qui peuvent remonter leur généalogie de mémoire jusqu’à une dizaine de générations. J’arrive jusqu’à BOU-NGORA d’où le nom de ma ville d’origine et natale Bongor ! Je vous garantis que c’est déjà une sacrée fierté ! Et cela me suffit.

Deuxièmement :
Je suis simplement un homme et comme tel je suis responsable, témoin contre moi-même. Et j’accomplis cette tâche avec plaisir. Je ne fais pas la poésie qui berce les oreilles pour endormir les hommes. Je suis la sentinelle qui veille / Le chien de garde qui réveille.

Troisièmement :
Si je veux créer un parti politique, j’ai l’intellect pour le faire. Et pour être vulgaire, j’ai assez de couilles pour soutenir ce parti. Depuis mon adolescence, j’ai créé et dirigé plusieurs associations sans fuir des AG. Je prends le risque d’être vain en avouant que Délégué des Etudiants aux heures les plus graves de l’Université du Tchad en 1991-92, c’est face à des chars que nous avons tenu des AG. Un poème « Février » honore la mémoire des dizaines des nôtres qui sont tombés ce jour 14 février et j’en suis un miraculé.

Quatrièmement :
L’ASEETS accouchait déjà ses difficultés quand je suis arrivé en tant qu’observateur à l’AG du 09 mars et puis celle du 23 mars 2003. AG auxquelles ni Ernest BANGDE ni sa compagnie Brahim YACOUB, ABDELKERIM, et autres n’ont participé malgré qu’ils aient reçu les invitations. Ces problèmes, je les avais d’ailleurs signalés dans ma Communication aux Travailleurs tchadiens au Sénégal en janvier 2003. Ainsi, c’est quand j’ai vu la fumée que j’ai accouru pour voir si je pouvais aider à éteindre les feux.

Cinquièmement :
Le 1er mai 2003 chez Ernest BANGDE, je suis allé entendre la version des faits de ceux qui évitaient toutes les AG. C’est à cette occasion que j’ai écouté :
D’abord, Brahim YACOUB se présenter comme le porte parole des Stagiaires fonctionnaires tchadiens au Sénégal ; ces derniers l’auraient délégué à cette réunion pour informer de la très prochaine création (on était jeudi et c’est le dimanche prochain ou au plus tard le dimanche suivant) d’une association des stagiaires tchadiens pour consommer la division de l’ASEETS. Ensuite, ABDELKERIM proclamer que « l’ASEETS est morte ».Enfin, Ernest BANGDE acclamer « l’information de Brahim YACOUB » concluant dans la foulée : « ça tombe bien que les stagiaires créent leur association. Nous allons donc brûler le matériel de l’ASEETS qui n’appartiennent plus à personne. »

Après vérification et selon des sources sûres, c’est Ernest BANGDE lui-même qui a fait la proposition à Brahim YACOUB, d’abord la veille de la réunion, et puis très tôt le lendemain matin. Notre informateur qui est lui-même stagiaire tient l’information de Brahim YACOUB en personne. Mais cela, je l’ignorais encore au moment de la réunion.

Sixièmement :
Je suis intervenu d’abord pour me présenter en tant qu’observateur et ensuite proposer avec insistance une AG qui réunirait tous les protagonistes afin de faire la lumière, et même si les stagiaires tiennent à créer leur association qu’ils viennent l’annoncer à cette AG. J’ai failli d’ailleurs me faire expulser des lieux. Ils ont vainement voulu me faire porter toutes les casquettes.

Septièmement :
Ernest BANGDE et ABDELKERIM ont catégoriquement refusé une AG de l’ASEETS en insistant sur le prétexte que « l’ASSETS est morte ».

Huitièmement :
Le 11 mai 2003, Brahim YACOUB, sous le titre de Coordonnateur convoque une réunion à l’ENTSS pendant qu’une AG a été convoquée par le Bureau de l’ASEETS élu lors de la dernière AG du 23 mars 2003. Ayant eu vent de cette réunion, je me suis porté sur les lieux pour enfin constater que : Brahim YACOUB n’a jamais été délégué par les stagiaires et il s’est rétracté pour dire en ces termes « Il faut qu’on désigne les gens qui doivent diriger la réunion séance tenante. Si on avait mis Coordonnateur, c’était juste une stratégie pour qu’on se retrouve ».

Les participants (une vingtaine y compris deux étudiants et un élève au début de la réunion) dont une majorité protestèrent du fait qu’ils ne comprenaient pas pourquoi on les a fait venir ici alors que les responsables s’esquivent. Les « on ne comprend ! on ne comprend pas ! » fusèrent de partout jusqu’à ce qu’un intervenant décide d’interpeller Brahim YACOUB, ADELKERIM et surtout oblige Ernest BANGDE à s’expliquer sur les raisons pour lesquelles ils ont convié les stagiaires.

Ernest BANGDE s’étant lancé dans une explication interminable et incompréhensible. Une majorité d’intervenants l’indexèrent d’être le noyau direct de la division naissante de l’ASEETS et d’éventuels conflits entre Tchadiens à Dakar en général et entre étudiants et stagiaires en particulier. Ils réclamèrent de rejoindre illico l’AG de l’ASEETS qui se tenait à l’UCAD.

Cependant, un autre groupe proposa la mise sur pied d’un comité dit de sages en vue de la conciliation.

Ainsi donc la prétendue AG constitutive de l’association des stagiaires s’est heureusement muée en mission de conciliation.

Neuvièmement :
Voilà où nous sommes arrivés en ce qui me concerne. Je m’étais dit un ouf ( ! ) espérant que le comité de sages viendrait enfin à bout d’une année académique de tiraillements.

Hélas ! partout où je passe, il me semble que Ernest BANGDE, non seulement cherche à compliquer davantage les faits en invoquant Nord / Sud, Musulman / Chrétien mais en plus diffuse partout que c’est moi qui tire les ficelles de l’Association ! Cela après avoir cherché partout des opposants au MPS donc au Régime de Ndjaména comme VINCENT, le président du Comité électoral que lui même avait désigné ; et maintenant moi qui suis intervenu comme personne ressource.

Il ne sait sans doute pas ce qu’est le rôle d’un observateur de la société, moins encore que le choix d’être poète m’interpelle de tout temps pas seulement sur des questions tchadiennes mais aussi panafricaines et surtout mondiales. Présent à Dakar, en ces jours, je ne puis dire demain que je n’étais pas là lorsque l’Association des Etudiants, Elèves et Stagiaires se consumait littéralement. Ce serait une irresponsabilité notoire. Pour mémoire, LAMARTINE : « Il ne suffit pas d’être le meilleur poète de sa génération [ce qui n’est pas ma prétention] : il faut aussi en être le premier homme d’action »

Dixièmement et FIN
J’en conclus que les étudiants tchadiens à Cheikh Anta Diop font simplement la honte de cette Université, l’une des plus prestigieuses quant à la sous région Afrique francophone. Pour cause, ils ne sont même pas à mesure d’encadrer jusqu’à leur Association estudiantine pour la confier à des esprits nains incapables d’élever les débats à hauteur de l’ombre de l’arbre à palabre d’un village donné. Une fois de plus ces « ambassadeurs » du Tchad n’ont pas manqué d’assombrir le « Bleu-Jaune-Rouge » et de déshonorer la Nation tchadienne face aux nombreuses autres nations présentes ici à l’UCAD. J’en reviens à pleurer pour le Tchad car je sais qu’il n’y a ni Nord ni Sud sociopolitique dans ce pays meurtri ; d’où le titre évocateur d’un essai en préparation : LE TCHAD INCESTUEUX : au cœur de l’Afrique, le puzzle d’un peuple victime et complice.

A propos, je voudrais clore cette mise au point en ajoutant ceci à Ernest BANGDE et tous ceux qui lui ressemblent c’est à dire qui ne connaissent pas la géographie et l’histoire du Tchad, ceux à qui je me dois de le leur expliquer. En effet, après avoir échoué dans sa tentative de diviser l’ASEETS en Stagiaires et Etudiants, Ernest BANGDE opte maintenant pour Deux ASEETS dites Nord Musulman et Sud Chrétien.

Admettons, sans le souhaiter, que cela soit. Où se rangerait Ernest BANGDE lui-même ou tous ceux qui lui ressemblent dans sa position actuelle ? Nulle part justement. Ni au Sud qu’il déclare « Opposant » de fait [et selon lui non Tchadien] ni au Nord puisque non-Nordiste non-Musulman. En voilà un « cas fou ». Il est des choses que personne n’ose regarder en face parce que ça crève les yeux, alors qu’en réalité un face à face épargnerait énormément des vies. Voici un challenge : de tous les temps, si vous connaissez un TOUBOU fier de donner sa fille en mariage à un ZAGHAWA envoyez à mahamatl@yahoo.fr leur identité. Vous contribuerez à la paix au TCHAD ! Que Ernest BANGDE et les siens retiennent donc qu’à l’extrême nord du Tchad, là-bas à ce qu’ils appellent « Nord » :

Depuis 1973, trente ans déjà ! GOUKOUNI WEDDEYE, HISSEIN HABRE, IDRISS DEBY, YOUSSOUF TOGOÏMI qui se livrent la guerre à mort sont tous des ressortissants, tenez-vous bien, d’Une Seule et Même Préfecture sur les quatorze que compte le Tchad : le BET (Borkou-Ennedi-Tibesti). GOUKOUNI du Tibesti contre HABRE du Borkou, HABRE du Borkou contre DEBY de l’Ennedi, DEBY de l’Ennedi contre TOGOÏMI du Tibesti. La boucle est bouclée ! Qui dit mieux ? Je dis bien Borkou-Ennedi-Tibesti, « Nord » et paraît-il Musulman… Dites-moi franchement. Quel Nord ? Que font les Musulmans dans cette histoire cauchemardesque de trente ans ?

Le « Nord », tel qu’il est entendu au Tchad, comprend aussi le Ouaddaï, le Biltine et le Salamat situés à l’est, le Batha et le Guéra situés au centre, le Kanem, le Lac et le Baguirmi situés à l’ouest ; donc neuf préfectures sont appelées « Nord » sur les quatorze que compte le Tchad. Une seule préfecture, le BET, je veux dire comme en ethnologie les enfants du même Utérus ! Importe si le géniteur est Toubou (Tibesti), Gorane (Borkou), Zaghawa (Ennedi). Ils se disent tous ou mieux sont Musulmans, Nordistes et ont trente ans de conflits meurtriers.

Le BET mène cette danse macabre depuis 1973. Nous sommes en 2003. c’est ce que j’appelle l’Inceste. Le BET s’autodétruit et le Tchad avec. Dites-moi, des huit autres préfectures du Nord laquelle ne s’est pas encore fait proprement massacrer par le « Pouvoir Nordiste et Musulman » installé depuis 1980 à Ndjaména ? Où est le Nord ? Où sont les Musulmans ? Moi, je les cherche. Passons au Sud.

Le « Sud » comprend cinq préfectures. A l’extrême sud du Tchad, le Moyen-Chari, terroir du Premier des présidents du Tchad François devenu NGARTA TOMBALBAYE. TOMBALBAYE a été assassiné par ses frères Chrétiens [je présume] même s’il existe des Musulmans en bon nombre au Moyen-Chari. Ils s’appellent DJIMET MAMARI NGAKINAR, KAMOUGUE WADAL ABDELKADER et je m’abstiens pour les autres.

Les grandes douleurs étant muettes plusieurs SARA pleurent encore en silence les Leurs enterrés parfois vif « avec Bible à la main sur la poitrine » par la Révolution Culturelle de NGARTA TOMBALBAYE ! Un Même Utérus SARA, Sudiste, Chrétien aviez-vous dit ! Encore de l’Inceste. Je connais des parents à qui la Révolution Culturelle a donné cinq (5) minutes pour changer Pierre ou Paul en FINA ou RASSOU afin d’être Tchadien.

Sans transition, les deux Logone Occidental et Oriental se rivalisent en traîtrise. Ici, l’on semble jouer à une partie de… « Qui dit mieux ? » dans la promptitude à la trahison. Nous savons aujourd’hui ce que sont devenus LAOKEIN BARDE et KETTE NODJI MOÏSE. Poussière bien sûr. Doba seule se consume elle-même tandis que Moundou se guerroie. D’où aucune possibilité d’émergence mais au contraire, il suffit d’une simple intimidation pour obtenir leur esclavage et soumission à gogo.

Quatre. Le Mayo-kebbi. Justement. Que fait cette préfecture dite « Nationaliste » ? A quoi elle joue ? Pion d’une Révolution « nordiste » pour certains ? Révolution incolore et manquée pour d’autres ? Indifférence aux questions politiciennes pour d’aucuns ? Que dire ? J’essaierai de vous dire quoi et ce que moi j’en pense. Cinq. Il ne reste plus que la Tandjilé. Ah ! Ce carrefour ou « Cas Fou » comme les anglicisants prononcent ce mot. Une vraie énigme n’ayant pour seul concurrent en ce domaine au Tchad que le Guéra au centre.

En tout cas, c’est l’impression que l’homme de la rue tient, et que les faits du quotidien politique des fils et filles de la Tandjilé ne sont jamais venus démentir. Il suffit de passer en revue qui est qui ? Qui a fait quoi ? Nous reparlerons des « mosquées kirdi », une réalité et non de la fiction. Où est donc le Sud ? Que vient faire ici l’étiquette Chrétien ? Est-ce parce que Judas figurait parmi les Apôtres ?

Il s’agit de quel Nord ? de quel Sud ? de quelle Religion ? Et le Tchad dans tout ça ?

Tout ceci vous l’aurez tôt ou tard. Donnez-moi seulement du temps. Encore un peu de temps pour qu’il mijote et je vous l’offrirai sur la table servie, cet Essai. Ne vous trompez pas et ne vous laissez pas tromper. Ni par moi ni par qui que ce soit d’autre. Je ne prétends pas répondre et à toutes les questions tchadiennes. Ce serait me passer pour l’ange divin !

Seulement poser le problème pour susciter d’autres envies me suffirait et de beaucoup comme plusieurs l’ont essayé avant moi. Un problème identifié, ne dit-on pas, est à moitié résolu. En attendant, à vos cours d’instruction civique, d’histoire et de géographie du Tchad. Ni Sud ni Nord. Ni Musulman ni Chrétien. Je ne les vois pas depuis trente ans.

Sinon, de l’ignorance partout aux Quatre Points du Tchad. Né au Tchad, grandi au Tchad, j’ai parcouru les terres et pays du Tchad en essayant de le servir du Moyen-Chari au BET jusqu’en juin 2000 pour ceux qui ne le sauraient pas. Il ne s’agit pas de Nord, pas du Sud non plus, moins encore des Musulmans et des Chrétiens. Et vous avez cette maladie d’oublier, cette tare de négliger les Animistes qui constituent plus du tiers de la population du Mayo-Kebbi ( la préfecture la plus peuplée du Tchad ), ils sont au Guéra jusque même dans les rochers du Tibesti ! Ah ! vous ne vous y attendiez pas !

En réalité, ceux qui parlent de Nord / Sud, Musulmans / Chrétiens ne savent même pas qui ils sont et moins encore de qui et de quoi ils parlent. Puisqu’il est immoral de faire ce qu’on ne sait pas et de parler de ce qu’on ignore, ceux-là sont simplement des individus aux tendances immorales. Ils ne peuvent que tromper celui qui veut bien être trompé.

Et d’ailleurs, au moment où j’écris il semble que les Zaghawa et leurs frères mercenaires soudanais sont en train de se « manger » entre eux. Cela veut dire qu’il n’est même plus question de préfecture mais bien plus petit de clan voire de famille, mieux de tyran. Justement le mot : il faudra qu’un jour les Tchadiens apprennent ce que dit à propos LA BOETIE, cet adolescent de seize ans (!) pour comprendre ce qu’est le générique Tyran. Bientôt un demi siècle qu’ils vivent la tyrannie sans vraiment le savoir. Bon Dieu ! Merci. Si les Ernest BANGDE n’existaient pas nous les aurions inventés pour qu’enfin le problème de l’IGNORANCE par nous soit identifié et posé.


Ecoute
Cher concitoyen
Tchadien
Arrête-toi un seul instant
Le temps
Juste le temps
De te dire
Qui suis-je ?

Le reste Dieu s’en occupera
Souviens-toi ce vieil adage

« le mensonge court pendant cent ans
« la vérité le rattrape en un jour

Alors sache-trouver
Qui intimider ?
Qui tromper ?
Pour ne pas te tromper toi-même
Eviter que tes propres enfants te renient.

Joseph Mahamat LITASSOU Brahim
MEL : mahamatl@yahoo.fr
Communication juin 2003

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