La parole de Déby ne vaut pas celle d’un employé de l’Elysée!

7 Mars 2013 , Rédigé par Jeunes Tchad Publié dans #Article


deby625-copie-1Comme nous l’écrivions dans notre livraison du lundi sous le titre «mort ou pas morts ?» : «Jusque-là il n’y a qu’une source tchadienne qui annonce la disparition des deux Ayatollahs des groupes islamiques du sahélistan».

«En tous les cas, si dans cette histoire macabre il devrait y avoir quelque chose d’agaçant, ce serait l’attitude de certains grands médias français. Usant de la nécessaire précaution oratoire dans la relation des faits, ces derniers répètent à l’envi que l’élimination des deux caïds religieux "n’est pas encore confirmée par Paris". Comme pour dire que la parole de Déby, fût-il président, ne vaut pas celle d’un employé de l’Elysée, fut-ce un obscur fonctionnaire. Alors méfiance, méfiance et reméfiance. Que la France et les autres pays européens aient plus des moyens logistiques pour vérifier une telle information, nul n’en doute. Mais de là à avoir une attitude quelque peu condescendante relève d’un comportement franchouillard et donc quelque peu détestable. Entre le nihil obstat (rien ne s’y oppose) des Américains, lesquels semblent accorder foi aux informations tchadiennes, et le scepticisme outrageux à la limite de la dénégation des Français, on ne sait plus à quel évangile prêter l’oreille. De toute façon, tout finira par se savoir, car Abou Zeid et Bel Mokhtar ne sont pas des hommes dont la vie ou la mort passe inaperçue».

Quelque une semaine après, Paris et Njamena ne parlent toujours pas le même langage à propos de la mort de ces deux tristement célèbres terroristes. Alors que l’homme fort de Njaména persiste et signe que les deux ayatollahs ont été bel et bien refroidis par ses hommes, l’Elysée, quant à elle, persiste dans le doute. Jouant à la saint-Thomas qui attendait de voir en chair et en os le Christ mort crucifié avant de croire en sa résurrection.

On peut bien comprendre l’attitude des autorités françaises, en particulier le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui avait commis une bourde lors de l’intervention de la DGSE en Somalie pour sauver Denis Allex dans la nuit du 11 au 12 janvier 2013.

Il faut quand-même reconnaître qu’il y a quelque chose de gênant dans ce qu’il convient d’appeler les macchabées de la zizanie pour deux pays unis corps et âme au-devant du front contre les djihadistes au septentrion malien. Pareilles dissenssions ne témoigneraient-elles pas de fissures dans cette sainte alliance contre les fous d’Allah ?

Sans prendre parti dans cette polémique, avouons que les autorités françaises ne font pas preuve d’élégance en mettant en doute, même si c’est de façon détournée, la parole du premier des Tchadiens. Le Coq gaulois aurait dû nous faire l’économie de cette controverse qui n’est vraiment pas de nature à encourager les renards du désert tchadien qui mènent actuellement une lutte acharnée, au prix d’une trentaine de mort, contre ceux qui veulent coûte que coûte nous imposer la charia.

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