La citoyenneté Tchadienne en DANGER par Guevara Radjil Fall

7 Mars 2012 , Rédigé par Jeunes Tchad

CITOYENS TCHADIENS EN DANGER
danger

Je viens d’effectuer un voyage au Cameroun. J’ai vécu un calvaire et ne voudrais pas me taire et rester sans rien faire. J’ai donc choisi de faire un bref récit de ce qui ce passe dans ce pays voisin et du sort que l’on réserve au citoyens de notre pays sans que personne ne s’en emeuve>

J’espère que la lecture de ce récit ne peut changer les choses, a moins j’aurais informé ceux qui ne le savaient pas encore. Nous avons traversé l’enfer lors d’un voyage N’djamena –Yaoundé .Le 22 février a Kousseri, alors que le bus dans lequel nous etions devait quitter pour n’gaoundéré, le convoyeur demande a tout passager de nationalité tchadienne n’ayant pas de laisser passer ou passeport de descendre. Il justifie en disant que le contrôle est strict .Trois passagers ne remplissant pas ces conditions sont descendus.
Le véhicule démarre, nous partons. Arrivé a la sortie de Kousseri, un policier monte et lance : police du Cameroun contrôle pièces d’identité ! Chacun présente ses pièces .parmi nous, il y a un malheureux qui n’a que sa carte d’identité nationale du Tchad. Il n’a pas tenu compte de ce qui fut dit avant le départ. Les policiers le font descendre, nous protestons .De son coté, le chauffeur intervient et tente de négocier sans succès. Finalement, nous partons sans le passager obliger de repartir vers N’djamena. T

out le long du trajet il y a des postes de police ou de gendarmerie. A Dabanga, a l’entrée, comme a la sortie de Mora, Maroua, Garoua. Malgré que nous tendons les papiers avec visas en bonne et due forme, les gendarmes et policiers exigent que nous donnions de l’argent .Nous autre préférions ne rien donner mais certains passagers effrayés par la violence des flics obtempèrent. Nous continuons ainsi jusqu'à Dang à environ 2Okm de N’gaoundéré. A ce poste, nous avons été retiré du bus et conduits droit au poste de police .On nous fait savoir que nous sommes en garde a vue. Pour quelle raison me suis –je permis de demander. Pour toute réponse le chef de poste me dit : « On vous arrange votre pays et vous venez ici nous tuer ….» Au même moment, Abakar un compatriote qui était déjà retenu là nous dit en arabe qu’il y aurait eu une bagarre entre les policiers camerounais et des chauffeurs tchadiens à N’Gaoundéré et qu’un camerounais serait tué. Il nous dit aussi que depuis lors, les tchadiens sont très mal vus par les forces de l’ordre dans tout le Cameroun.

Dix minutes plus tard, le bus de l’agence Touristique Express qui nous transportait nous abandonne entre les griffes de ces flics malhonnêtes et s’en va a N’Gaoundéré avec tous nos bagages à bord. N’ayant pas d’autres solutions, j’improvise et tente de faire comprendre au chef de poste que les autres appellent « commandant » et qui visiblement porte un grade de sergent chef sur les épaules que nous sommes bel et bien tchadiens ! Nous sommes désolés pour ce qui est arrivé a leur collègue mais cependant, nous n’avons rien a y voir alors, qu’ils nous laissent partir .Je lui dit ensuite que nous ne devons pas être blâmés pour ce que nous n’avons pas fait. En plus, dans son récit Abakar nous disait que les présumés coupables seraient arrêté et sont sous les verrous à N’Gaoundéré. « Commandant refuse de comprendre ». Deux heures plus tard, avec les interventions et la solidarité que nous tchadiens savons si bien montré lorsque nous ne sommes pas chez nous, nous réussissons à nous extirper des griffes de ces rapaces et prenons une autre occasion pour la ville de N’Gaoundéré ou heureusement, nous retrouvons nos bagages. Mais l’agence refuse de nous régler la difference.Je ne me suis jamais senti aussi indigné ! Pourtant une partie de notre hymne national dit : « (….) que tes voisins admirent tes enfants... ».

Mais que font nos autorités pour que nos voisins aient un regard admiratif pour nous ? Pourquoi cette dépendance ou cet arrimage a un pays à qui on fait entrer des milliards de francs et qui ne sait pas dire merci ? En ce moment précis, je n’ai pensé qu’a revenir a ma chère N’djamena .Mais amateur de sensation forte et ayant le gout de l’aventure, je me suis dit qu’il faille que je continue jusqu'à Yaoundé pour voir comment la suite allait se passer. En plus il y a les raisons initiale de mon voyage. Le trajet N’gaoundéré –Yaoundé se fit en train et sans réel souci. Ironie du sort, arrivé a Yaoundé, je reçois la visite d’un compatriote qui copréside avec son ami camerounais, Mr Atangana Denis une association dénommée CEMAC POUR TOUS. Ils me parlent de leur association et de ses objectifs qui sont entre autre l’intégration sous régionale et la lutte contre la xénophobie etc. je leur ai fait le récit de mon voyage et leur ai dit qu’ils ont du pain sur la planche. Ils m’invitent a un débat qu’ils ont organisé a l’université de Yaoundé II.C’est la bas lors de ce débat que j’ai appris que l’ambassade du Tchad ne fait rien pour aider les tchadiens en difficultés.

Beaucoup d’étudiants se demandent à quoi sert cette représentation diplomatique ? A la fin de ce débat, je rentre et allume la radio, RFI annonce parle de tchadiens expulsé du Nigeria pour cause de terrorisme. Pourtant ce n’est un secret pour personne que BOKO HARAM que les activistes de ce mouvement sont nigerians. J’ai personnellement fait beaucoup de déplacements en Afrique de l’ouest que ce soit dans la zone UEMOA ou en dehors, je n’ai jamais rencontré tant de tracasseries. Aucun autre africain de l’ouest n’a autant détesté le tchadien que le camerounais voisin immédiat. Alors que nous les accueillons bien chez nous .Il n y a qu’a faire un tour a N’djamena au quartier Ambassatna, à Kabalaye ou même à Moundou pour se rendre a l’évidence. De même, il ne nous est pas facile de circuler en Guinée Equatoriale ou au Gabon.
Même en Centrafrique tout a coté, les tchadiens sont souvent pris a parti et tués. Si aujourd’hui la Guinée Equatoriale fait le gros dos parce que elle a du pétrole, et bien que ceux qui nous chapeaute crée un cadre de vie acceptable pour que nous aussi profitions de ces ressources que nous possédons nous aussi. Que veulent par exemple les jeunes tchadiens ? Qu’on leur offre des conditions nécessaires pour les études .Malgré le tapage que font nos autorités, il est toujours difficile d’etudier dans nos universités. J’en veux pour preuve, la crise qui oppose les étudiants et les enseignants au gouvernement en ce moment.

Le Cameroun a peut être la chance d’avoir une ouverture sur l’océan mais ne sommes nous pas son premier partenaire économique dans la sous région ? Et si le Tchad s’arrêtait de faire business avec le Cameroun, si les politiques décidaient de faire transiter le pipeline par un autre pays ? Pourquoi ne pas décider de nous tourner vers le port soudan ou celui de Cotonou que de prioriser celui de Douala ? Le TCHAD ne peut –il pas exister sans le Cameroun ? Nous avons peut –être eu du retard en faisant la guerre pendant trop longtemps. Mais nous n’avons pas le monopole de la guerre. Qui y crut que ca advienne en Cote d’Ivoire par exemple ? D’ailleurs, le Tchad a beaucoup plus de similitudes avec les pays de l’espace UEMOA.

Le gouvernement tchadien doit se réveiller et trouver des solutions au lieu de faire chaque jour de la publicité en se promenant de chantier en chantier pour faire croire au peuple que tout avance. Un agent technique suffit pour aller vérifier l’effectivité des travaux.

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