Interview exclusive d'un étudiant de l'université de Ndjamena suite aux manifestations des etudiants.

16 Novembre 2011 , Rédigé par jeune-tchad

ETUDIANTS-NDJAM

   

NDJEKOMBE : Nous vous remercions pour le fait que vous avez accepté d’éclaircir l’opinion publique sur la crise qui prévaut à l’université de N’Djamena. Alors, pouvez-vous vous présentez ?

Mr : Je m’appelle MARSYL, je suis un étudiant en fac de Droit et sciences économiques à l’université de N’Djamena.

NDJEKOMBE : L'opinion internationale est mal informée de la crise qui prévaut à l’université de Ndjamena. Beaucoup pensent que les étudiants posent des actes de vandalisme pour réclamer la bourse qu'ils auraient déjà eu. Alors quelles sont les motifs réels de cette crise et depuis quand cela a commencé?

MARSYL : Oui, l'opinion internationale a raison parce qu'elle est justement mal informée. Nos autorités cherchent par tous les moyens à coller une mauvaise étiquette à notre lutte car ils sont comme toujours, animés d'une mauvaise volonté. Notre crise, faut il le rappeler, était née en juillet dernier lorsque nous réclamions qu'il nous soit versé 12 mois d'arriéré de bourses au titre de l'année académique 2010-2011. Après des négociations, le gouvernement a donc décidé de verser 6 mois soit 150.000fcfa avec une promesse de verser les 6 autres dans un délai d'une semaine. Malheureusement, ce même gouvernement dit qu'il ne doit plus rien aux étudiants tantôt en disant que les étudiants auraient perçu les 6 premiers au titre d l'année académique 2009-2010 tantot que ces derniers revendiquent une bourse de réparation. Toutes ces allégations sont mensongères. Je vous rappelle que le ministre sortant avait lancé l'année 2010-2011 en octobre 2010. Vous conviendrez avec moi que tous les droits des étudiants au titre de cette année entrent en vigueur à partir de cette date-là. Et depuis ce jour là, nous n'avions perçu que 6 mois. Les nouveaux boursiers c’est-à-dire les étudiants nouvellement admis en 2e année, parce que c'est la condition d'obtention de la bourse, n'ont aussi perçu que 6 mois, sans la bourse d'équipement qui est d 25000f.

NDJEKOMBE : si nous voyons bien vos revendications ne portent rien que sur le paiement de six mois d’arriérés de bourse. Alors que sur une plate forme revendicative élaborée par l’UNET on note d’autres points notamment l’invalidation de l’année 2010-2011, le recrutement des enseignants compétents, la parfaite mise en  œuvre  du système LMD ainsi que la revalorisation de la bourse à 60000FCFA et la restauration de la bourse de recherche master….Qu’est ce que vous en dites ?


MARSYL : Nous n'exigeons pour le moment, rien d'autre que le versement des 6 mois.

NDJEKOMBE : On remarque qu’en général au Tchad les étudiants des différentes facultés ne sont pas  unis. Quand certains sèchent les activités pour réclamer leur dû, d’autres font profil bas en continuant les cours. A l’exemple de la FACSS et des autres instituts universitaires qui continuent les cours. Ne pensez vous pas que cela ne vous avantage pas et permet au gouvernement de vous marcher dessus ?

MARSYL :


NDJEKOMBE : Ne craignez-vous pas de courir le risque d’un abus de pouvoir de la part de vos autorités comme vos camarades de médecine en 2009 (suspension de l’UNET, suppression totale de la bourse, sanction de 1 à 3 années académiques blanches contre les leaders des étudiants)? En rappelle, vos camarades de la FACSS, suite à une grève pour revendiquer les meilleures conditions d’études et le départ de leurs doyen, ont été sévèrement réprimés. Leur association a été suspendue, une trentaine d’entre eux sont suspendus des études et errent ça et là dans d’autres pays d’Afrique pour s’inscrire mais les responsables de l’université de N’Djamena interviennent toujours pour qu’on leur refuse l’inscription. Ils ont eu recours à la cour suprême de N’Djamena mais comme c’est le règne de l’injustice, le droit n’a pas été dit?


MARSYL :Ns savons que le Tchad est un pays d'injustice et d'abus de pouvoir mais cela ne peut en aucun cas nous conduire à ceder. L'UNET a déjà été suspendue par le passé alors cela ne nous étonnerait pas s'ils venaient à le refaire. Quant à la suppression définitive de la bourse, je dirais que même maintenant, ce sont les préludes à cette suppression éventuelle de la bourse que le gouvernement annonce mais avant cela, encore faut-il qu'ils nous réunissent les meilleures conditions d'étude et s'acquittent même des 6 mois déjà entrés dans le patrimoine des étudiants

NDJEKOMBE : Quelle est la situation de vos camarades arrêtés par la force de répression de Mr Deby ? Ya-t-il des avancées dans les négociations entre vos leaders et le ministère ?
MARSYL :Nos camarades arrêtés par ls forces de repression sont, depuis le lundi, mis sous mandat de depôt. Ils comparaitront en audiance publique.

NDJEKOMBE: En cas de non satisfaction, que comptez-vous faire ? Qu’attendez-vous de vos camarades des provinces (sarh, moundou, bongor, abéché,….) et des autres étudiants de l’extérieur parmi lesquelles beaucoup vous apportent un soutient sans faille dans votre lutte ?

MARSYL :Face à cett situation, ns souhaiterons bénéficier, le moment venu, d'une grève de soutien de la part d nos camarades des universités et écoles de nos villes(abeché, ati, moundou, sarh, bongor...) car aujourd'hui c'est nous mais demain.

                                                EXCLUSIVE Jeunes Tchad

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