Quelle démocratie et quelle liberté si elles portent atteinte à la dignité des tchadiens ?

5 Mai 2016 , Rédigé par Jeunes TchadJeunes Tchad est un espace de discussion et de réflexion administré par DJARMA Acheikh Ahmat Attidjani blogueur activiste et analyste indépendant.

Quelle démocratie et quelle liberté si elles portent atteinte à la dignité des tchadiens ?

Il est vraiment vrai que le Tchad est devenu pendant ce régime, la propriété exclusive d’un clan. L’accaparement de rentes pétrolières par ce clan prouve une fois de plus la privatisation du pays. Car depuis 2003, date de l’écoulement du pétrole, aucun tchadien ne sait exactement la quantité produite et combien apporte cette ressource au pays. Même les autorités concernés, n’arrivent pas fournir au peuple avec exactitude la quantité produite ni le revenu. Pour preuve Adoum Younousmi, le ministre des infrastructures a été interrogé par le journaliste français Rouan Gomes lors de son passage à N’Djamena sur la quantité produite du pétrole. Sa réponse est qu’il ne savait pas et il ne s’intéressait qu’au revenu du pétrole! Ce jour-là, ils ont parlé que, le revenu du pétrole de 2003 à 2010 est de 1 à 2 mille milliard de FCFA. Même si on suppose que ce chiffre est exact, ou était-elle passée cette somme ? Cette somme, si elle était bien utilisée, devrait au moins atténuer la souffrance des tchadiens. Ce qui est sûr, elle n’a pas affectée dans les secteurs vitaux (peut être une petite partie) mais, elle était partie directement dans les poches de Deby et son clan.

La plupart des responsables du MPS se sont habitues dans le déshonneur, l’asservissement et l’humiliation qu’ils subissent de leur maitre.

En voulant coûte que coûte être jeté dans un poste de responsabilité, pour bien sûr s’enrichir, ces personnes de paille n’ont jamais hésité de vendre leurs femmes, leurs filles, leurs âmes, bref leurs honneurs à leur maitre et même aux parents proches de ce dernier. Aujourd’hui les viols des filles mineurs sont devenus de plus en plus une arme d’humiliation efficace utilisée par le clan pour intimider les tchadiens. Et pourtant ce phénomène n’est pas nouveau dans notre pays.

Mais qui a institué ce phénomène de viols de filles mineures comme nouveau valeur au pays ? La réponse est sans nulle doute, le chef de l’Etat Deby, ce n’est un secret pour personne pour qui conque ayant vécu à N’Djamena !

En effet, pendant nos séjours avec Mahamat Nouri (plusieurs fois ministre de Deby et Habré) au maquis entre 2007-2008, ce dernier et d’autres responsables ayant servis dans le régime de Deby nous disait que : « les marabouts, les charlatans et les féticheurs dont Deby s’est entourer, lui auraient prédit que s’il voulait rester au pouvoir jusqu’à son dernier souffle, il devrait violer soixante-onze 71 filles mineurs »

En tout cas les tchadiens ayant vécu à N’Djamena depuis l’arrivée du MPS savent très bien que Deby et ses parents proches n’ont cessé de dépraver nos mœurs. Ils humiliaient, comme je viens de le dire, ses proches collaborateurs : ministres, conseillers…

C’est pourquoi être ministre ou avoir un haut poste de responsabilité au Tchad, ne demande pas pour la plupart des cas, beaucoup d’effort : ni l’intelligence et ni le bon caractère. Il suffit, pour ceux qui sont avides de postes de responsabilité, de créer des liaisons avec les parents proches de Deby et faire le griotisme et les bassesses de tout genre, le marchand des femmes et des filles pour obtenir une bonne mangeoire. C’est une vérité, personne ne peut m’en disconvenir.

Ces genres des personnes subissent continuellement des humiliations de toute sorte. Il faut bien le répéter, et n’ont aucun courage de dénoncer ces atteintes à leurs dignités même après avoir été renvoyé de leur poste.

Le père de Zouhoura, n’a-t-il pas affirme à la Radio France Internationale (RFI) concernant ces personnes de paille que : « beaucoup des pères de famille m’ont dit ma ‘’fille aussi a été violée’’. Je ne peux pas citer leurs noms mais ce sont des grands cadres du pays qui m’ont appelé »

Même si le fait des abus sexuels sur les mineurs n’est pas nouveau durant ce régime de Deby, on peut se poser la question à savoir : qu’est ce qui est nouveau dans « l’affaire de Zouhoura » ? Puis que l’affaire a produit une grande manifestation à N’Djamena et a Faya ou deux proches de la jeune fille ont trouvé la mort suite aux tirs à balle réelle de la police de Deby.

A mes yeux en toute sincérité, ce qui est nouveau c’est la publication dans le Facebook de l’acte ignoble. C’est seulement cette publication qui a suscité la colère des jeunes tchadiens de toutes les couches sociales de descendre dans les rues de N’djamena. Mais aussi le courage salutaire de la jeune fille Zouhoura. Car c’est son refus de se soumettre à ces prédateurs sexuels qui a poussé ces derniers de publier l’image de la scène criminelle.

Ainsi vont la démocratie et la liberté au Tchad sous le règne de Deby.

Ne parlons jamais de démocratie au Tchad ni de garantis de liberté dans ce pays. Ceux qui continuent à hurler qu’il y avait démocratie et liberté dans ce pays ignorent complétement et fondamentalement les sens de ces deux mots ou bien ils jouent le jeu du régime en place et sont pour le statuquo.

La démocratie qui est ailleurs le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple n’est qu’une pure imposture au Tchad.

Lire l’intégralité en PDF: «La sortie de l’impasse et la contribution pour un Tchad moderne»

Djiddo Adoum Mahamat
Ex Membre du Cabinet de président de Force Unie pour le Changement (FUC)
Ex Secrétaire Exécutif et membre fondateur de l’Union des Forces pour le Démocratie et le Développement (UFDD)

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