Quand l'injustice règne, la rébellion est un devoir !

22 Janvier 2014 , Rédigé par Jeunes Tchad est un espace de discussion et de réflexion administré par DJARMA Acheikh Ahmat Attidjani blogueur activiste et analyste indépendant.

L’insurrection, non pas seulement celle du peuple, mais surtout celle de l’individu, est un droit juridique, temporel et spirituel universellement accepté. C’est celui de résister, de rejeter, de se rebeller, de se soulever, de prendre les armes contre tout gouvernement oppresseur, toute dictature, tout despotisme, tout totalitarisme, afin de mettre fin à l’injustice, au vice, à l’iniquité, et/ou aux violations des droits de l’Homme qui en sont l’origine. Les Etats-Unis d’Amérique sont le fruit par excellence de l’insurrection armée d’un peuple.
L’insurrection contre l’injustice, le vice ou l’iniquité, est un devoir sacré.

Toute démocratie repose sur le principe sacré selon lequel le Peuple est souverain.
L’adjectif souverain est mieux saisi à travers ses synonymes qui reflètent son usage historique. Ces synonymes sont : absolu, autonome, chef, dominateur, indépendant, infaillible, monarque, pape, potentat, roi, royal, suprême, tout-puissant. Le nom souverain signifie donc la personne qui détient le pouvoir suprême ; la personne dont les décisions sont sans appel.

Malheureusement dans une république -cette forme de gouvernement où tout genre de régime est admis, contrairement à la panacée de gouvernement qu’elle se défend d’être -, la souveraineté du Peuple est une simple vue de l’esprit. Le souverain devient tout élu, même si l’élection ayant couronné un tel élu était marquée par les fraudes et l’illégitimité. L’un de ces élus, généralement le Président ou le Premier Ministre, est le souverain de fait dans la plupart des républiques.
On voit bien qu’à force de chasser (timidement) le diable –en prônant notamment une cohabitation harmonieuse entre le gouvernement d’un seul (monarchie), le gouvernement de quelques uns (aristocratie) et le gouvernement de tous (démocratie)-, la république fait revenir le diable au galop.
C’est ainsi que ce diable rugit librement dans les républiques à travers la dictature d’un seul ou de quelques uns ; la démocratie étant toujours la perdante, dotée qu’elle est d’une souveraineté qui ne l’est que de nom.

Le peuple (rarement bien représenté au congrès ou à l’assemblée nationale à cause du pouvoir de domination des gouvernants et des riches dans la compétition politique), au lieu de détenir le pouvoir suprême tel qu’énoncé dans les constitutions des républiques, est plutôt le partenaire le plus faible de la cohabitation républicaine.
C’est ainsi que le peuple est de nos jours partout écrasé, soit par le monarque (Président, Sultan...), soit par l’aristocratie (clan politique des "élites", classe sociale dominante, parti politique au pouvoir, groupe des hommes d’affaires...), soit le plus souvent par ces deux partenaires dominants réunis contre lui.
Une telle coalition aristo-monarchique des dominateurs en arrive souvent à regarder le peuple, c’est-à-dire la démocratie, comme la plus grande menace contre leurs intérêts communs.

Les gouvernants regardent le peuple organisé comme l’ennemi premier de leurs intérêts de conservation du pouvoir politique. Les hommes d’affaires voient en un peuple organisé une menace pour la continuité de leurs profits et gains..
Le droit des peuples à l’autodétermination
L’horreur esclavagiste et l’oppression coloniale ont conduit l’Organisation des Nations Unies à adopter le principe du droit inaliénable des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce principe de la Charte des Nations Unies stipule que tout peuple, lorsqu'il est victime d'un oppresseur, a le droit de se défendre.
Il est notamment défini dans l'article premier du Pacte sur les droits civils et politiques du 16 décembre 1966, qui stipule :
"Tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel."

Mais la fin de l’esclavage et la fin de la colonisation ayant été sonnées, l’oppresseur contemporain n’est plus l’esclavagiste ou le colonisateur étranger, mais plutôt le néocolonisateur domestique, le dictateur domestique, le despote ou tyran domestique.
Malheureusement, malgré cette résolution hardie, l’ONU -cette lourde administration internationale dirigée par les chefs d’Etat du monde, y compris donc les dictateurs opprimant leurs peuples- se place plutôt surtout en protectrice des Etats existants.
C’est ainsi que l’ONU se préoccupe curieusement plus de prévenir les révolutions et les guerres civiles et internationales que de protéger le droit populaire en question, en privilégiant plutôt ce qu’elle présente comme le seul moyen pratique et efficace de faire prévaloir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes : à savoir l’élection.
C’est ainsi que l’ONU ne voit finalement le droit à l’autodétermination qu’en ce qui concerne la question de l’appartenance à un Etat. Sa résolution signifie clairement que les habitants d’un territoire particulier, qu’il s’agisse d’un seul village, tout un quartier ou d’une série de districts adjacents, doivent faire savoir par un libre plébiscite, qu’ils ne veulent plus rester uni à l’État auquel ils appartenaient à l’époque, mais qu’ils souhaitent soit de former un État indépendant ou se rattacher à quelque autre État.

Mais qu’est-ce qu’un peuple opprimé doit-il faire quand le système électoral n’est pas crédible à cause des fraudes installées par les dirigeants en place ? L’ONU n’a pas prévu de réponse à cette question fondamentale, marquant ainsi l’insuffisance et les limites de sa législation internationale.
L’autodétermination de l’ONU, loin de protéger la souveraineté d’une nation autrement qu’à travers les représentants républicains au pouvoir, semble finalement se circonscrire à protéger des groupes particuliers, comme les "autochtones" à l’intérieur d’un Etat.

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée le 13 septembre 2007, en son article 4, stipule en effet que "Les peuples autochtones, dans l’exercice de leur droit à l’autodétermination, ont le droit d’être autonomes et de s’administrer eux-mêmes pour tout ce qui touche à leurs affaires intérieures et locales, ainsi que de disposer des moyens de financer leurs activités autonomes".
Loin de regarder cette résolution comme une restriction de la protection internationale à certains groupes humains particuliers, les peuples doivent plutôt y voir une ouverture qui renforce la démocratie en faisant de la décentralisation des pouvoirs étatiques un droit international pour les communautés locales. Car, tout groupe humain local, en particulier en Afrique, peut se réclamer d’être une communauté des autochtones.

Les Etats-Unis d’Amérique, fruit par excellence de l’insurrection armée d’un peuple
Comme réponse historique cinglante aux hésitations de l’ONU quant au droit du peuple souverain à renverser par tous les moyens les institutions ou autorités qui le gouvernent mal, sous prétexte de prévenir les révolutions et les guerres civiles et internationales, l’Union des Etats d’Amérique reste le symbole par excellence de la libération du peuple, par les armes, la guerre et la révolution, des mains de l’oppresseur colonial.

"Une milice bien réglementée étant nécessaire pour la sécurité d’un Etat libre, le droit du peuple à détenir et à porter les armes ne sera point violé", peut-on encore lire aujourd’hui dans la Constitution des Etats-Unis d’Amérique, deuxième amendement.
L’on n’a plus besoin de démonstrations théoriques pour comprendre que le droit de porter les armes, et en particulier le droit du peuple à mettre fin au gouvernement non démocratique par les armes, est un droit qui reste inaliénable pour l’Américain contemporain. Il est du droit et du devoir du citoyen américain de mettre fin par la force armée, par l’organisation en particulier de toute milice nécessaire, à tout gouvernement non démocratique imposé sur son peuple.

La première puissance du monde reconnaît donc constitutionnellement et sans équivoque le droit des peuples à prendre les armes pour se libérer, par la guerre et la révolution, des mains de tout régime non démocratique, contrairement aux positions ambiguës de l’ONU.
Les Etats-Unis se sont libérés par la révolution et la guerre des mains de l’occupant colonial britannique. Ce pays conserve le principe d’une telle libération comme moyen acceptable d’accès à l’autodétermination des peuples.
C’est en gardant à l’esprit ce principe sacré qu’il faut comprendre le sens profond des propos suivants du Président Barrack OBAMA à l’adresse de la jeunesse africaine, tenus lors de son discours du 11 juin 2009 à Accra au Ghana :
"Le monde deviendra ce que vous en faites. Vous avez le pouvoir de demander les comptes à vos dirigeants et de construire des institutions qui servent le peuple…"
"A travers l’Afrique, nous avons vu de multiples exemples des gens qui prennent leur destin en main et qui imposent le changement du bas vers le haut…"
[...]
L’insurrection, non pas seulement celle du peuple, mais surtout celle de l’individu, est donc un droit juridique, temporel et spirituel universellement accepté. C’est celui de résister, de rejeter, de se rebeller, de se soulever, de prendre les armes contre tout gouvernement oppresseur, toute dictature, tout despotisme, tout totalitarisme, afin de mettre fin à l’injustice, au vice, à l’iniquité, et/ou aux violations des droits de l’Homme qui en sont l’origine. Tout Peuple souverain doit savoir s’en servir afin que la démocratie soit possible.

NDZANA SEME, African Independant

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