Idriss Deby a raté sa chance! - Moustapha Babikir

8 Décembre 2013 , Rédigé par Jeunes Tchad un espace de discussion et de réflexion administré par DJARMA Acheikh Ahmat Attidjani blogueur activiste et analyste indépendant.

À mon avis, IDI a raté une grande opportunité pour entrer dans les livres d'histoire en tant que père fondateur d'une vraie nation tchadienne. Par rapport à tous les président qui ont passé à la tête, c'est lui qui a compris la mentalité des tchadiens et notamment nos hommes de politique. Il a compris que la force et l'argent influencent le comportement de beaucoup de tchadiens, et a presque monopolisé et centralisé la violence après avoir vaincu beaucoup de formations rebelles, mais hélas ce monopole de violence est centralisé dans les mains de son clan.

L'histoire politique du monde nous enseigne que la majorité de leaders qui ont créé des nations, étaient des fins tacticiens et qui avaient utilisé des moyens jugés machiavéliques pour arriver à leur fin ultime dont la fondation d'une nation dont la violence est centralisée dans les mains d'une armée nationale et professionnelle. Je pourrais comme exemples vous citer Mao Tse Dong de la Chine, l'Empereur Menelik II de l'Éthiopie, Mahamat Ali Bacha de l'Égypte, George Washington des États-unis, Louis XIV de la France et ainsi de suite.

Ces leaders ou plutôt pères fondateurs étaient pour la plupart despotiques ou tyranniques dans leur manière de gouverner leur pays et nation, mais étaient aussi motivés et guidés par des visions qui ont conduit par la suite à la création de leurs nations modernes. Ces leaders sont des Léviathans selon le "Traité de la matière, de la forme et du pouvoir d'une république ecclésiastique et civile", une œuvre écrite par Thomas Hobbes, publiée en 1651, qui constitue un des livres de philosophie politique les plus enseignés en science politique.

Dans ce livre, le philosophe et savant anglais Thomas Hobbes discute la thèse de « pacte social » et de règles venant d'un souverain omnipuissant. Hobbes a développé l'idée selon laquelle les hommes à l'état de nature cherchent uniquement à survivre, à assurer leur propre préservation, par tous les moyens nécessaires, n'obéissant qu'à ce qu'Hobbes appelle leur droit naturel : le fait que chacun ait la liberté totale d'utiliser sa puissance par n'importe quel moyen afin de se préserver lui-même et de préserver sa propre vie. Ainsi, Hobbes explique que dans un tel cas, la société est en situation de chaos et de guerre civile, selon la formule bellum omnium contra omnes (« guerre de tous contre tous » en latin), ceci ne pouvant être évité que par un solide gouvernement central qui a seul le monopole de violence.

Hobbes a développé alors le Léviathan, une théorie du gouvernement qui est capable selon lui de contrer cet état de nature et de garantir à tous ses citoyens la préservation de leurs vies et de leurs biens contre tout ennemi, qu'il soit étranger ou interne au un citoyen. Le gouvernement selon Hobbes doit découler d'un pacte de chacun envers chacun où tous cèdent au souverain leur droit de se gouverner eux-mêmes et leur liberté afin que la volonté du souverain ramène les volontés de tous les individus à une seule et unique volonté nationale.

Au Tchad, malgré que Ngarta avait une vision dénommée «révolution culturelle» n'a pas parvenu à unir les tchadiens ou de créer des institutions fortes pour réaliser sa vision. Il a fini d'ailleurs par diviser les tchadiens. Les français ont pu les déloger par les mains de ses propres citoyens et collaborateurs. Habré avait une impulsion révolutionnaire dénommée «Union nationale pour la l'indépendance et la révolution », mais lui aussi a fini par marginaliser tant des tchadiens que de leur unir en centralisant la violence dans les mains de son clan. Les français ont pu le déloger aussi par les mains de ses propres citoyens et proches collaborateurs.

Idriss Déby a pu monopolisé la violence après avoir vaincu beaucoup de groupes rebelles, mais hélas il a radicalement centralisé la violence, le pouvoir et la fortune dans les mains d'une petite minorité clanique. Il manque intrinsèquement l'élan visionnaire pour mobiliser les tchadiens afin accomplir son slogan de Renaissance empruntée lors d'une conférence de l'Union Africaine à Addis Abéba en Éthiopie. Il a créé un système qui défie toutes les catégorisations de la science politique ou la philosophie politique. On le voit tantôt utiliser des methodes adoptées du traité politique de la Prince écrit au début du xvie siècle par Nicolas Machiavel. Le traité montre comment devenir prince et le rester afin d'assurer la sécurité et la prospérité de sa nation. Parce que l'ouvrage ne donnait pas de conseils moraux au prince comme les traités classiques adressés à des rois, et qu'au contraire il conseillait dans certains cas des actions contraires aux bonnes mœurs, il a été souvent accusé d'immoralisme, donnant lieu à l'épithète « machiavélique ». Malheureusement, IDI n'a assuré jusqu'aujourd'hui que la sécurité de son pouvoir/régime et la prospérité personnelle et celle de son sa famille et bouffons.

On le voit tantôt Sultan ou chef d'un clan,ainsi confondant pervertissant son rôle de chef d'état d'une nation et le chef/sultan d'un clan. C'est une gouvernance qui défie toutes les normes universelles et civilisatrices. Même les monarques d'origine bédouine des états du Golfe ont su comment faire la différence entre un chef de clan et chef d'état moderne.

Du coup, On trouve dans ce système (plutôt désordre) que la corruption est systématisée et devenue culture politique et sociale, l'impunité est systématisée, l'injustice est systématisée, l'ethnocentrisme est systématisée, la diversion est systématisée, la politique du ventre est systématisée et l’esprit de régionalisme est systématisée. L'état et les institutions dites républicaine ne sont là que pour servir la caprice du président/sultan/général/chef de MPS et fondus à travers le culte de personnalité dans une seule personne. Et si cette personne disparaîtra un jour, qu'adviendra-t-il au Tchad? Effondrement total?

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